Transitions – Vivre seul à 16 ans

 

Transitions croise trois regards et trois parcours au sortir de l’Aide à la Jeunesse.

Marie-France et Alice ont été séparées de leurs familles au cours de leur enfance. Elles ont grandi en foyer d’accueil. Aujourd’hui, ces adolescentes de 16 et 17 ans doivent partir vivre seules. Car dès leur majorité, elles ne seront plus prises en charge par l’Aide à la Jeunesse. Tandis qu’elles franchissent les obstacles qui mènent vers leur ‘autonomie’, Alaric, jeune homme de 23 ans, revient sur son parcours depuis le jour où il a quitté son centre.

 

 

 

TRANSITIONS TRAILER from GSARA asbl on Vimeo.

 

  •  Alice, 16 ans : Elle a besoin de cette indépendance, c’est ce qu’elle souhaite. La loi des 16 ans ne lui pose apparemment pas trop de problèmes. Néanmoins, même si elle à besoin de son indépendance, elle a toujours besoin d’un lien minimum pour l’aider à apprendre. « J’ai besoin d’être avec des gens plus mûrs, un peu moins « gamins » (…) il faut que je mûrisse »
  • Marie-France, 16 ans : Marie-France quant à elle a eu une expérience de vie plus dure. Comme elle le dit, elle baisse parfois les bras comme tout le monde, mais reste très forte mentalement. Même si elle est très débrouillarde, vivre seule ne lui convient pas. Elle a encore besoin d’une présence au quotidien. Dans son cas, l’argent est un problème important.
  • Alaric, 23 ans : A 23 ans, Alaric a eu le temps de prendre du recul par rapport à sa propre expérience de l’autonomie. Il reconnaît que plus jeune, il n’a pas fait les bons choix. Il préférait rester avec ses amis et s’amuser, plutôt que s’investir dans la vie d’adulte. Cela était dû au fait qu’il était seul pour prendre ses décisions. « Trop de liberté, quand on est mal encadré, c’est un cadeau empoisonné.»
Alice dans ses pensées

Alice dans ses pensées

Thématique:

En Belgique, la majorité civile est fixée à 18 ans au lieu de 21 ans depuis mai 1990. Au-delà de cet âge, un adolescent ne peut plus être pris en charge par les services d’aide à la jeunesse. Un jeune placé en institution doit donc quitter son centre avant sa majorité pour vivre son autonomie. Dès 16 ans, le jeune peut vivre en pré-autonomie pour se préparer à la vie adulte.

Actuellement, le secteur information jeunesse en Communauté française répond, chaque année, à plus de 100.000 demandes d’informations lors des permanences d’accueil (par entretien «face à face» ou téléphonique ou par courriel). En outre, plus de 100.000 autres jeunes sont également touchés soit parce qu’ils ont fait usage d’un service spécialisé (job, kots,…), soit parce qu’ils ont été touchés par une animation (dans les écoles, associations,…) ou un salon. Les différents sites web des acteurs de l’information jeunesse comptent de leur côté un total de 175.000 visites par an. Il a la particularité d’être exclusivement assumé par des organisations non gouvernementales. Les principales préoccupations exprimées par le public touchent l’emploi, l’enseignement, la protection sociale, le logement et les activités de loisirs. On constate également un manque évident de compréhension des jeunes des mécanismes économiques et sociaux, ainsi que des rouages et fonctionnements institutionnels. Il y a aussi une difficulté pour les jeunes à mettre leurs questionnements individuels et collectifs en projets positifs. (Source)

Exploitation: 

Au travers de ces  trois regards, le film permet bien sûr d’aborder ce moment délicat de l’autonomisation des jeunes. Mais la trame du récit s’attache également à souligner des dimensions plus structurelles de l’organisation de la prise en charge de ces jeunes.

-Blocage institutionnel : Une fois qu’un jeune passe en pré-autonomie, la place qu’il libère en hébergement est directement prise. Il n’est donc plus possible pour lui de revenir en arrière s’il se rend compte qu’il ne s’en sort pas. Il doit donc continuer à suivre le cursus imposé, qu’il soit prêt ou pas. Ce processus est calculé, les jeunes n’ont pas le temps de prendre le temps car « le temps c’est de l’argent et l’argent il n’y en a pas. »

– Aspect sociologique (le fait de quitter)Un bon nombre de jeunes vivent des moments difficiles lorsqu’ils ont entre 16 et 18 ans. En effet, c’est à ces âges que commencent activement la pré-autonomie et l’autonomie. Une fois en dehors du cocon protecteur de la maison d’accueil ou de la famille, loin des éducateurs ou des parents, le jeune se retrouve confronté à un tas de responsabilités qui le dépassent souvent.

L’Argent : Un des problèmes majeurs pour un jeune qui est en pré-autonomie ou en autonomie c’est l’argent. En plus du loyer, il faut penser à l’alimentation, mais aussi aux frais de coiffeur, de docteur, aux médicaments, aux vêtements, aux petits extras comme les sorties entre amis etc. Le jeune doit pour la première fois de sa vie faire un plan financier s’il ne veut pas avoir de mauvaises surprises !

Question de vocabulaire :

  • Aide à la jeunesse : Comme son nom l’indique, la politique d’aide à la jeunesse vise à venir en aide aux jeunes (ou à leurs parents) qui souhaitent être aidés, qui rencontrent des problèmes ou qui vivent des situations difficiles. Les jeunes peuvent demander ou recevoir le soutien des services d’aide à la jeunesse de différentes manières.
  •  Pré-autonomie : A partir de 16 ans, le jeune peut quitter l’institution et vivre en kot sous la responsabilité d’une des personnes du kot plus âgée. Par exemple cette dernière lui dira a quelle heure il devra rentrer au plus tard.
  •  Autonomie : le jeune vit seul avec de l’argent qui lui est octroyé et n’est plus aidé par les systèmes d’aide à la jeunesse.

–> Diffusion le mercredi 30 septembre 2015 à 21h05 sur La Trois!

FICHE TECHNIQUE 

Réalisation :  Sophie De Brabandere, Gaetane Mangez et Gaetan Saint-Remy

mixage : Loïc Villiot

montage : Roberto Ayllon

Aide : Fonds pour le Journalisme et Fédération Wallonie-Bruxelle

16/9. 30 min + Bonus (durée totale 40 min)

 

Le Dvd de Transitions peut-être commandé à Sandra.demal@gsara.be ou par tel. au 02/250.13.10